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Françoise Tartinville, Maxence Rey : Avis de turbulences fait genre

Ce 11 octobre à 20.30, salle comble encore pour la suite d’Avis de turbulences à l’Etoile du Nord, avec un bel appareillage autour du genre.

Françoise Tartinville, Blanc Brut / Intérieur crème / Acte II : l’essence de l’homme

Une belle surprise que cette chorégraphie de Françoise Tartinville ; élégante, très écrite semble-t-il, très réfléchie, très belle. Une découverte.

Deux hommes surviennent sous une pluie battante de tambour, résultat du roulement de deux galets choisis parmi un arsenal de cailloux. Ce doit être l’âge de pierre, dans une vallée bordée de folles falaises abruptes. Un instant ils font la bête à quatre bras. L’un est chevelu comme Sérapis. Ils s’ouvrent comme pour embrasser le vent, surmontés d’un squelette de nuage. Ils sont mus par un programme.

Coups de baguette guerriers rappelant Xenakis. Grandes enjambées, expression de gestes virils, primates. De la lutte et de l’oraison.

Bourrasque et tonnerre. Mouvements de pénétration ou de va-et-vient, hommage à Nijinsky ? Souplesse raide. Comme deux jumeaux des temps héroïques, à bout d’élans ils halètent. Reprennent souffle toujours debout.

Craquements caverneux. La sueur jaillit. Tintinnabulum. Cymbales violentes. Transe. Epuisement. Gestes ressorts comme inaboutis.

Calmement, enfin, ils reviennent du genre à l’espèce : ils marchent. Ils marchent.

(En rond).

Maxence Rey, Sous ma peau : il faut questionner la femme nue

J’attendais beaucoup de la dernière création de Maxence Rey, dont j’ai photographié Les Bois de l’ombre et vu aussi une pièce que peu sans doute ont vue, intitulée La Molle. J’ai été déçu. Maxence Rey aborde le nu (ou, disons, l’identité) par sa face sombre, inquiétante, dérangeante, en somme pessimiste.

Tout commence sous une lumière intermittente, mais insistante, franchement pénible, d’interrogatoire. Trois corps assis en fond de scène adoptent des poses rébarbatives de modèles d’atelier. Masques, lenteur, pénombre, tout rebute. Défigurées, les trois interprètes ont le regard mauvais. Déshumanisés, leurs gestes évoquent le flamant ou la pintade (ceci rappelle SMS and Love d’Ayelen Parolin, dont il partage une interprète), des animaux fantastiques, ou plutôt primaires, et une douche de lumière l’entrebâillement d’une cage invisible. Atmosphère aliénante, concentrationnaire.

Jusque-là tout se tient ; mais alors la pièce s’effiloche. Maxence Rey essaie des choses moins convaincantes, abandonnées avant terme : jusque-là enfermés dans leur solitude mécanique, les trois êtres se rapprochent, esquissent des sentiments ; puis voilà qu’ils pointent le vide bras et index tendus en toutes directions ; puis, leurs visages enfin dévoilés prennent longuement, excessivement longuement, des expressions changeantes tout en faisant face au public. Tout cela, sans qu’un sens particulier, ni donc une émotion, n’émerge. Dommage.

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