Archives du mot-clé conception

Trois petits solos

Etoile du Nord, 17 octobre 2013.

Lucie Augeai et David Gernez, W pour lui

Le type serait presque phosphorescent. Il a l’air vachement sérieux. Il tourne sur lui-même entre quatre élastiques tendus. Il fait des trucs avec sa bouche. Avec la musique c’est un peu genre 2001 Odyssée de l’espace. Avec sa bouche genre lippu comme un singe avec de grands bras, genre je bâille, je vais chez le médecin. Bon. Il tourne, il tourne, ça y est il va super vite maintenant, il est chaud bouillant, il rigole genre il a respiré des gaz qui font rire, il tombe et il tousse genre il avait bien raison de montrer sa langue au médecin tout à l’heure. Il saute sans toucher les fils, bon voilà il évite toujours les fils, toujours plus vite avec des roulades et tout genre je peux le faire sans les yeux. Maintenant il va dans les fils, y a plus d’enjeu tellement il est fort. Il les tient tous, ça fait comme des lignes de fuite. Il prend des inspirations “hou ! hou!” il souffle il y croit il y croit, il a l’air heureux. Sur fond d’ambient, vous savez, cette musique un peu triste qui fait planer au-dessus d’océans qui n’existent pas.

Un peu précieux tout ça. Là il se la joue chef d’orchestre et puis à la fin comme la nana de la Columbia Pictures.

Texte d’intention dans la feuille de salle : “La relation à soi est ce chemin de construction qui part à la découverte de ce que nous sommes vraiment. Quelles sont ces traces qui nous questionnent et nous font imaginer autre ? (…)” Hum. Et ne me demandez pas pourquoi la pièce s’appelle W pour lui, je n’en ai pas la moindre idée.

Clara Cornil, Noli me tangere

Mouvement d’ailes lent avec des tremblements fessiers comme d’un animal marin. Vibrations ondulations
de dos, la préhistoire de la danse du ventre
Salopette ample
Joli mouvement des bras pour se retourner
mime qu’il …, modèle quelque chose
Une boule
en se déhanchant
mouvements oscillatoires énergiques
et re- le modelage
comme pour honorer une divinité
rituel
comme des gestes d’adoration
respiration et tremblements
les mêmes séquences reviennent. Répétition, cyclique
Moulinets sémaphoriques
extatique
le corps plus souple à mesure qu’il est traversé par les vagues sonores
elle le suit comme si elle nageait avec un dauphin
Prostrée
Dessine un cercle.

A l’entracte, j’ouvre le programme de salle. Clara Cornil exprime l’acte de donner naissance. “Je n’avais rien compris”.

Camille Mutel, Nu(e) muet

“Muet” comme Mutel.

Elle paraît si élongée qu’elle semble sur des échasses, voilée de lumière. Un scan vert détaille les veines, perce la peau. Ce laser-butoh prouve, s’il le fallait, que le butoh n’est pas affaire de blanc mais de mat et de monochrome.

Nu(e) comme mu(e), Mutel(la) comme Nutel(la) ? Je crois que je m’égare.